Si, Linux c’est pour les pros !

Linux aujourd’hui ? Difficile de ne pas en avoir entendu parler ! On vous a parlé d’un système d’exploitation libre et gratuit pour vos machines, tout à fait utilisable par le commun des mortels. Mais qu’en est-il exactement ? Tour de vice 🙂

La genèse

En l’année 1991 du Moyen-Âge numérique, deux hackers combinent leurs travaux. Ceux du plus barbu, le projet GNU, achèvent à peine une réécriture complète du langage UNIX afin de le libérer, ceux du à peine moins (plus à l’intérieur sans doute) barbu ont porté sur l’écriture d’un noyau système, par réaction à la faible disponibilité des serveurs UNIX. De ce farouche échange interplanétaire naquit alors un système d’exploitation

qui prit alors le doux nom de GNU/Linux, appelé par nous depuis et par abus de langage juste « Linux ».

Il faut néanmoins signaler au préalable que le fameux UNIX, qui avait plus que largement profité des travaux collectifs de la Berkeley’s university, se voyait – comme les trucs sont dingues aux States – commercialement réapproprié; ce à quoi résistaient nos deux plus ou moins barbus à une heure où l’utilité de systèmes ouverts apparaissait comme une évidence. Qu’ils en soient ici même remerciés au nom de toute l’humanité.

La niche utilisateurs

Parallèlement dans son coin de l’Internet, Bill Gates, autre fameux geek barbu moins barbu (pareil: à l’intérieur), lui aussi ancien fricoteur de la Berkeley’s, décide, vraisemblablement toujours en rapport avec la re-privatisation du langage UNIX vrai coup de tonnerre dans le ciel numérique, de créer complètement son propre langage: le DOS, ainsi que son propre noyau: NT. Il démarre ses travaux au sein de son entreprise, Microsoft, à peu près en même temps que ses copains de la Berkeley’s. Mais l’ambitieux chantier qui le porte à l’écriture d’un système complet depuis zéro le met bien vite à la bourre: alors que d’autres systèmes font déjà tourner de grosses machines centrales dans les entreprises, que le langage GNU, ré-écriture libre du langage UNIX achevée, travail déjà avec le noyau Linux, il aura du mal à y faire sa place. Mais comme le marché en devenir apparaît être celui des ordinateurs individuels, Bill décide de tout miser dessus. Alors que son système d’exploitation n’est pas au point (et le demeure toujours), il décide de prendre tout le monde de vitesse en priorisant la création d’interfaces graphiques conviviale de gestion afin d’en mettre avant tout plein la vue. Il place convenablement son lobbying qu’il maintient toujours, surtout chez les vendeurs de PC et dans les écoles, décolle comme une fusée et s’empare du segment PC individuels. Et c’est ainsi que l’on retrouve, encore aujourd’hui, le système d’exploitation Windows® fortement majoritaire sur les postes clients, dans les bureaux des entreprises, des collectivités, chez les particuliers.

Fort heureusement pour elles les machines utilisatrices ne sont pas les seules sur Internet: d’autres braves machines, serveurs, leur délivrent des choses sur le réseau. Sinon que pourraient-t-elles bien faire juste entre elles ? Du peer-to-peer ? 😀
En matière de serveurs par contre Windows n’est pas positionné. Il l’est tout de même en serveurs internes aux entreprises mais, les domaines ayant été unanimement reconnus d’utilité publique et gérés comme tels alors qu’il aurait sans doute préféré qu’ils le soient par les entreprises, il n’a pas réussi à s’y placer mieux, et y semble même en perte de vitesse ou du moins en stagnation.
Il a également essayé de se positionner sur le marché des smartphones, mais ce ne fut qu’une brève incartade depuis bien longtemps révolue.

Bref: force est de constater que Windows est loin d’être partout.

Alors c’est qui ?

À votre avis ? 🙂

En fait il n’y a pas que lui: d’autres systèmes (généralement propriétaires) font fonctionner des machines: UNIX, Nowell, IBM… pour ne citer qu’eux, mais globalement c’est lui, le système communautaire libre et gratuit GNU/Linux, qui est le plus répandu à la surface de la planète: la grande majorité des serveurs sur Internet, mais aussi dans l’automobile, l’astronomie, la machinerie industrielle, et même et surtout en téléphonie. Car oui, celles et ceux qui hier ne voulaient pas entendre parler de Linux sur leur PC l’utilisent aujourd’hui en continu sur leurs téléphones 🙂 avec la surcouche Google – certes – mais Linux quand même 🙂
Eux qui coupent leur PC dès qu’ils ne l’utilisent plus pour sans doute les pirates tout en râlant dès qu’une page en ligne n’est momentanément pas disponible, laissent paradoxalement tourner leurs appareils de poche ou connectés h24 sans même que cela ne les interpelle 🙂

Les Barbus ont tout même daigné regarder en direction des postes clients

Les barbus n’étant pas toujours forcement d’accord entre eux, de nombreuses distributions Linux ont vu le jour. Mais, un peu chacun dans leurs coins tout en gardant un œil sur les travaux des copains – les barbus ne sont jamais vraiment d’accord entre eux 🙂 – ils ont créé des interfaces, appelées depuis « bureaux », et Linux est devenu accessible au public.

Et c’est cela que l’on vous vend aujourd’hui sous le terme « Linux »

J’aurais presque envie de dire, histoire de parler un peu votre langage, qu’il s’agit de PC normaux

Vous avez la souris, vous avez les icônes, vous avez une barre des tâches; parfois en haut parce que les geeks – allez savoir pourquoi ! – aiment à mettre la barre des tâches en haut de l’écran – mais même sous Windows vous pouvez mettre votre barre des tâches en haut de l’écran – vous pouvez allez sur Internet et même – luxe suprême – sur Facebook ! vous pouvez lire et envoyer des e-mails, vous pouvez naviguer dans vos documents, vous pouvez les éditer, vous pouvez voir des vidéos, écouter de la musique, jouer, retoucher des images, télécharger, archiver, changer votre fond d’écran, faire de la 3D, du transcodage… bref: tout pareil ! PC normal 🙂

Ah non un truc ou deux quand même: c’est bien plus léger et rapide que Windows, tous les programmes que vous pourriez souhaiter – et certains sont de grande qualité ! – sont gratuits, propres, dans un « store » (mais vous pouvez aussi aller en chercher sur Internet si vous voulez) les virus bah y’en a pas, les mises à jour c’est vous qui décidez quand les faire au lieu de ramer systématiquement comme un malade dès le matin sans rien pouvoir y faire, et le fonctionnement général est carrément plus sécurisé.

On vous a dit que tout le monde pouvait utiliser Linux au quotidien et en cela on ne vous a pas menti 🙂

C’est sous le capot que ça se complique

Et là où par contre on vous a menti c’est que sous le capot vous allez y aller 🙂
On sait: on vous a pourtant juré qu’au grand jamais vous ne seriez obligié-e-s, que vous pouviez très bien utiliser Linux comme ça, mais c’est un pur bobard 😀
Évidement que vous pouvez parfaitement rester dans l’interface à faire clic-clic, mais rapidement, à la vue des possibilités offertes et de ce qu’ont d’autres et que vous n’avez pas, vous allez vouloir aussi ! Et pour ça vous allez devoir lever le capot ! Sinon vous ne l’aurez pas et resterez condamnés à un bien plus ennuyeux clic-clic dans l’interface.

Déjà il faut faire l’installation soi-même

Et pour cela encore faut-il faut savoir ce qu’est un bios machine. Parvenir à l’attraper au lancement de la machine avant que celui-ci n’attrape le disque dur qui porte Windows, repérer l’endroit où l’on peut expliquer que l’on veut booter sur autre chose genre une clef USB. Ensuite il faut en 2021 télécharger le Linux désiré, créer une clef USB bootable avec lui dessus, et enfin booter la machine sur la clef. Celle-ci comportant à présent un système d’exploitation complet, on peut ensuite essayer Linux sans rien changer à la machine, voir que tout les périphériques sont bien reconnu, que tout est fluide et rapide, tomber amoureux-se, et envisager de l’installer.

Et là vous aller devoir partitionner

C’est-à-dire faire une place à coté de Windows pour y mettre Linux. Parce que oui, et cela est bien normal, vous allez vouloir garder Windows; et puis on vous a dit qu’il était possible d’avoir les deux avec le choix au lancement de la machine. Comme il serait ballot de s’en priver vous allez le vouloir – et encore une fois ceci est bien normal – ainsi et, à moins que vous n’ayez une tour en mesure de recevoir un disque dur supplémentaire dédié à Linux, allez devoir partitionner le votre: réduire Windows afin de faire une place à votre nouvel hôte.
Alors basiquement déjà il vous faut savoir que, même si cela s’est un peu arrangé reconnaissons-le, Windows n’est pas très partageur. Et comme c’est votre machine et que vous n’allez vouloir en faire qu’à votre tête votre Windows est en danger.
Ensuite votre disque dur est sans doute plein comme un œuf. Comme il en faut tout de même un bout suffisant pour Linux, que vous n’avez sans doute aucune sauvegarde, et que la Rue Antifa n’a pas envie d’être responsable d’un carnage, elle préfère attendre que vous perdiez tout tous seuls au prochain crash de votre disque dur 😉
Sans compter qu’un jour à tripatouiller vos partitions vous allez – oops ! – malencontreusement écraser Windows, et là ce sera le drame: vous deviendrez alors linuxien ! Un pur, un vrai, un dur: un barbu !

Côté transfert des documents ce n’est pas la panacée non plus. Depuis Linux vous attraperez vos documents dans Windows, mais pas nativement depuis Windows dans Linux. Évidemment ça se bricole, mais pour ça il faut lever le capot 😉

Coté reconnaissances matériels aussi ce n’est pas vraiment ça

Généralement les machines pas trop récentes – plus d’un an disons – et pas trop spécifiques sont bien reconnues, ainsi que les périphériques usuels (écran, clavier, carte son et réseau…), mais à tous les coups ça risque de coincer avec votre imprimante dernier cri que Linux ne verra pas, tout simplement parce que le constructeur n’a pas prévu de pilote pour Linux. Ça pourrait aussi coincer avec le Wifi. Dans les deux cas des solutions existent, mais il vous faudra mettre les mains dans le cambouis afin de bidouiller une soluce.

Et puis vous allez vouloir faire des trucs

Et là vous allez craquer ! Chez Windows, après avoir cherché super-longtemps au risque de vous chopper deux-cent-cinquante-mille-douze tonnes de virus (mais ça vous ne l’avouerez jamais !) vous allez soudainement faire ça en deux clics; et vous ne comprendrez pas que sous Linux ce n’est pas pareil. En plus, comme vous n’avez rien payé, bah pas de hotline. Vous aller devoir lire des tutos, chercher de l’aide. Et vous ne pourrez pas râler sous peine de risquer de plier la toile en quatre de rire.

Vous aller peiner – et ce n’est rien de le dire – à trouver un pas grincheux sur un forum qui acceptera d’accourir à votre juste cri de « Je clique là ça marche paaaaas !! » sans autre information utile de débogage.
On va vous dire « Tape telle commande et poste le retour ». En plus vous êtes non-violent, vous n’aurez pas envie de taper qui que ce soit, pas même des caractères dans une console, alors quand à rapporter des machins en retour en plus… honnêtement vous allez vous faire du mal !

Et puis à ce petit jeu-là vous risquez de vous apercevoir que c’est quand même vachement mieux foutu que Windows, que c’est vachement plus stable, que c’est vachement moins capricieux, que ça rame quand même vachement moins. Vous allez découvrir les trucs pas poss que l’on y fait et vous donner les moyens de les avoir

compiz, gestionnaire de fenêtre sous Linux

Le cube de bureaux du gestionnaire de fenêtres « Compiz »

Vous aller retrouver du plaisir de faire des recherches, vous aller découvrir des tas d’outils simples, des tas de façons, vous allez comprendre, vous allez vous apercevoir que vous êtes libre, libre de faire comme bon vous semble au lieu de suivre les voies toutes tracées du malware propriétaire de service, que vous laissez nettement moins de traces sur la Toile, et que finalement vous reprenez le contrôle de votre machine, et ça franchement c’est juste intolérable !

À la fin vous allez carrément vouloir en faire votre métier

Vous allez être accro au terminal et à la forge de commandes toutes plus distordues les unes que les autres, vous allez vouloir gérer des parcs entiers de machines sous Linux; mais les entreprises n’aiment pas les geeks barbus bricoleurs ! Vous finirez donc vilain méchant pas beau pirate à sweat noir à capuche sur le DarkNet avec les pédophiles et les hackers chinois et ce sera bien fait pour vous !

Alors abandonnez cette idée. Malgré toutes les douces mélopées qu’il nous plaît à entendre comme quoi que c’est facile Linux toussa, c’est un piège ! Touchez pas à ça: Linux c’est un truc de pros et c’est tout !

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